« Toute tyrannie est folie » – Jornal da USP

La déclaration de Marília Fiorillo a à voir avec le thème de sa chronique d’aujourd’hui (12), qui traite des caractéristiques qui définissent les différents types de tyrans, même ceux de la littérature, comme Macbeth

Quel est le plus sot des tyrans ? Pour l’enseignante Marília Fiorillo, il n’y a pas de réponse à cette question – elle croit que toute tyrannie est insensée, ce qui change n’est que sa forme. « En général, le tyran est ambitieux et vaniteux, une qualité très russe, évidente dans le cas du totalitaire Staline et de l’actuel tyran russe Poutine, mais il peut aussi être discret et impitoyable, une vertu plus chinoise. » Le chroniqueur soutient également que le tyran peut être délirant et commettre des atrocités innommables, « comme cela s’est produit avec le peintre autrichien raté nommé Adolf Hitler, qui a commencé timide dans l’après-Première Guerre mondiale, mais, à chaque position de pouvoir qu’il a conquise, il a plongé dans le délire de devenir l’immortel César du Troisième Reich.

Marília poursuit sa typologie des tyrans, en ajoutant à la liste des personnages comme Idi Amin Dada (« rugueux et grotesque ») et Pinochet. En général, note-t-elle, le tyran est toléré par la peur et les bonnes alliances et utilise toujours la force brute, même s’il est toujours prêt à utiliser des ruses politiques, comme l’a fait Mao Zedong, « lorsqu’il incite à la Révolution culturelle dans les coulisses ». Les caractéristiques des tyrans ne s’arrêtent pas là, car il y a aussi des personnages faibles, et ici le chroniqueur utilise la littérature pour citer, en exemple, le personnage usurpateur Macbeth, de la tragédie shakespearienne. « Bien que les pièces de Shakespeare soient des master classes en politique, il y a chez Macbeth cette particularité : c’est un tyran déplacé, il n’en a ni le courage ni la méchanceté, il n’a qu’à laisser une folle traînée de destruction. »

Elle conclut : « La déformation de Macbeth est la faiblesse du caractère, c’est pourquoi il devient le principal bourreau de lui-même. Aveuglé par la désorientation du bureau, indifférent au sort des Écossais, il est, à la fin, abandonné de tous ; il échoue parce qu’il a cédé à une tentation qui exigeait plus qu’il ne demandait. Toute tyrannie est folie, mais il n’y a pas de plus grande folie que celle du tyran qui succombe à sa propre insignifiance.


Conflit et dialogue
La colonne Conflit et dialogueavec le professeur Marília Fiorillo, est diffusé tous les vendredis à 10h50 sur Rádio USP (São Paulo 93,7 FM ; Ribeirão Preto 107,9 FM) et également sur Youtube, produit par Jornal da USP et TV USP.

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